Si je me souviens bien, le clergé et la noblesse ne sont pas d'accord avec le Tiers-état sur la manière de voter, et préfèreraient que leurs votes comptent double alors que le Tiers-état souhaite l'égalité des voix, Mais Petitpierre en sait, à n'en pas douter, plus que moi sur le sujet... En tout cas, superbe rendu... comme toujours ;p.
Les députés du Tiers Etat étaient plus nombreux que ceux de la noblesse et du clergé réunis; ils voulaient "une tête = une voix", mais le roi a décidé une voix pour chaque ordre donc Noblesse + Clergé = 2 voix contre une voix au Tiers Etat. Il s'agissait de décider si on augmentait les impôts et donc uniquement pour ceux qui en payaient, la noblesse et le clergé ayant le privilège de ne pas en payer.
Le problème était justement que les règles de vote n'étaient pas définies. Effectivement, traditionnellement, chaque ordre avait droit à une voix, mais cela n'avait pas été clairement décidé avant la réunion des états-généraux. On se retrouvait dans une situation où l'on démarrait un jeu sans en avoir défini les règles. Avant même d'aborder le sujet des réformes, on était bloqué par la discussion sur la manière d'en décider! Dans ce désordre, ni Louis XVI, ni ses ministres n'avaient l'expérience des débats d'assemblée. L'âge des grands orateurs allait arriver...
Merci pour toutes ces explications. Cela ne date pas d'hier, les couacs en politique. Mais à part ça, il faut reconnaître que l'on savait s'habiller à cette époque !
L'âge des grands orateurs... ça me fait penser aux joutes oratoires des Cathares. Les catholiques romains ont tenté de jouer à ce jeu contre cette chrétienté montante. Saint Dominique s'est bien débrouillé. Mais ce fut le seul Catholique à réussir.
Par la suite, ce que l'art oratoire n'a su gagné a été gagné par les armes...