Il s?endormit très vite, et rêva d?Afrique, quand il n?était qu?un garçon, avec les longues plages dorées et celles de sable très blanc, si blanc que l?oeil en faisait mal, et les falaises des caps et au fond les hautes montagnes sombres. Il revenait se promener sur ces côtes toutes les nuits désormais, et dans ses rêves il entendait le grondement des vagues et voyait les bateaux indigènes les traverser. Il sentait le bitume et l?étoupe du pont quand il dormait, et il sentait cette odeur de l?Afrique que la brise de terre apporte au matin. D?habitude, quand il sentait cette brise de terre il se réveillait, s?habillait et partait réveiller le garçon. Mais cette nuit la brise de terre vint très tôt, il sut dans son rêve qu?il était trop tôt, et continua à rêver pour voir les pics blancs des îles s?élever de la mer, puis rêva de tous ces ports et criques des îles Canaries. Il ne rêvait plus de tempêtes, ni de femmes, ni de grands événements, ni de grands poissons, ni de combats, de concours, ni de sa femme. Il ne rêvait plus maintenant que des lieux, et de lions sur la plage. Ils jouaient comme de jeunes chats dans la tombée de la nuit, et il les aimait comme il aimait le garçon. Simplement il se réveilla, regarda par la porte ouverte où en était la lune, déroula son pantalon et l?en!la. Il pissa à l?arrière de la cabane puis remonta la route pour aller réveiller le garçon. Il frissonnait, parce que le matin était froid. Mais il savait qu?il se réchaufferait dès qu?il se serait remis à ramer.